
Mardi 23 octobre, les membres de la commission « les socialistes et la Nation » planchaient sur la question de l’universel, débat introduit par
Adrien Abecassis. Quelques verbatim de l’échange incisif et stimulant : « les Nations-Unis, une réunion de copropriétaires sans fin », « le peuple européen est
introuvable », « l’idée fédéraliste est en baisse » et parfois le cadre national semble le plus pertinent. On ne construira rien sur des entités molles. La chute du Mur de Berlin
n’a pas entraîné une entrée dans un monde harmonieux et stable. La notion d’universalisme renvoie à des contenus, politiques, des valeurs. Philippe Darriulat considère que la question du cadre
européen est posée et qu’il convient de repenser une Europe qui existe à plusieurs niveaux. Clotilde Valter s’interroge sur comment agir sur des valeurs, sur des politiques, l’Europe étant vécue
comme quelque chose d’extérieur, comment renverser cette vision ? George Pau-Langevin insiste sur la grande diversité qui existe au sein de chaque Etat, ne faut-il pas s’appuyer sur les
diversités régionales ? Pour ma part, je commence par une boutade, celle de Jean-Pierre Chevènement « 9 novembre 1989, le Mur de Berlin s’écroule, un mort Jacques Delors ! »
pour interroger la vision des socialistes sur l’Europe et le concept oxymorique de « fédération d’Etats-Nations ». Le propos de l’intervenant montre qu’en effet, l’idée fédéraliste
n’est pas viable ou du moins n’a pas trouvé de traduction concrète, tous les Etats ne sont pas des Nations et parfois, de grands projets structurants en Europe se sont réalisés en dehors du cadre
européen. La question du projet et de la manière de mettre en commun est donc essentielle, ainsi, peut-être faut-il réinterroger la proposition qu’avait faite François Mitterrand, lors de ses
vœux en décembre 1989, la confédération ?
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